"Elevatemyskin" de Dounia Akoudad met en valeur toutes les peaux.

"On est une génération qui a faim de succès"

Dounia Akoudad à 27 ans affiche un dynamisme et une persévérance à toute épreuve. Et il en faut lorsqu'on se lance, en plein confinement, dans la création d'un institut de soins dermo-cosmétique. Elevatemyskin offre aux femmes des traitements avancés pour corriger de nombreux problèmes cutanés et maintenir leur peau saine de manière durable. Cliente des premières heures, j'avais envie d'en apprendre davantage sur cette jeune entrepreneure de talent, son parcours et surtout ce qui l'anime. Une bonne lecture pour tous porteurs de projet et en particulier ceux ou celles qui souhaitent se lancer dans le secteur de la beauté.


Pourrais-tu te présenter?


Alors, je m'appelle Dounia et je suis la fondatrice de "Elevate" que j'ai créé il y a exactement un an à l'âge de 26 ans. Je suis Belgo-Marocaine et j'ai grandi à Vilvoorde. Je parle dès lors Néerlandais couramment, ce qui, ajouté à l'Anglais représente un avantage à Bruxelles. J’ai ainsi accès à une clientèle très diversifiée. En termes d'études, j'ai un Bachelier en Marketing et Communication obtenu à la Erasmus Hogeschool. Je me souviens, que déjà à l'époque, je savais que je souhaitais un jour me lancer dans l'entreprenariat sans pour autant avoir une idée précise de l'entreprise que je voulais créer. J'avais néanmoins une passion pour les cosmétiques. Etudiante, j'ai toujours veiller à multiplier les expériences professionnelles. Mais, c'est vraiment en entrant dans la vie active que mon projet à commencer à se concrétiser dans mon esprit.

J'ai travaillé pour un temps dans l'évènementiel pour le compte d'une multinationale spécialisée dans la distribution de prothèses chirurgicales. Rien de très glamour (rires), mais cela m'a permis de prendre pied dans l'industrie pharmaceutique. J'ai eu par la suite un poste chez L'Oréal où j'étais chargée de la formation des pharmaciens et des équipes internes, aux produits Vichy ,la Roche-Posay, CeraVe et Bioderma et ceci tant en Belgique qu'au Luxembourg. Cela demandait de se familiariser avec un discours scientifique auquel je n'avais pas été formée à l'université venant d'un background Communication et Marketing. Grâce à ce poste, j'ai pu cotôyer des dermatologues et biologistes et ainsi approfondir mes connaissances sur tous les aspects qui touchent au dermo-cosmétique. Pour me mettre à niveau, je passais mes soirées à lire des études scientifiques et livres sur l’anatomie de la peau et ses pathologies. Parallèlement, je me suis également formée à l’international avec les meilleurs dans le domaine.


Ta formation académique te donne tout de même l'avantage de comprendre comment vendre une marque et travailler son esthétisme. Ce qui, je pense, est important dans ton quotidien. Qu'en penses-tu?


Tout-à-fait, mes études m'ont permis de gérer tout ce qui touche à la stratégie de la marque; marketing et branding. Je n'ai ainsi pas besoin d' externaliser certains aspects de mon activité tels que la gestion du site web ou la promotion d' Elevate sur les réseaux sociaux.


Tu assumes donc de nombreuses casquettes...


Effectivement, je fais les soins, les diagnostiques de peau, le suivi de la clientèle. C'est beaucoup, mais je ne peux pas à l'heure actuelle me permettre d'engager. J'espère tout de même un jour, pouvoir déléguer une partie de mes responsabilités.


Combien de temps cela t'a-il pris pour passer de l'idée à sa concrétisation?


Quand j'ai commencé à travailler dans le domaine de la dermo-cosmétique, j'ai eu énormément beaucoup de personnes qui me contactaient pour avoir mon avis sur des produits de soins adaptés à leur peau. J'ai alors compris qu'il y avait sur Bruxelles, une véritable demande pour ce type d'expertise. De ce constat, cela m'a pris ensuite 3 ans pour passer à sa concrétisation sous la forme d'un projet. Deux ans de poste chez l'Oréal et une année chez Naos (*) pour parfaire mes connaissances. J'ai également la chance d'avoir un mari qui me soutient énormément. Il travaille dans le domaine de la vente et possède la même fibre entrepreunariale.


Quelle forme de société as-tu choisi pour ton activité?


Je me suis directement mise en société à responsabilité limité (SRL).


En te se basant sur ta première année entant qu'entrepreneure, entre l'argent que tu as economisé et ce que le projet t'a effectivement coûté, quel capital de départ est nécessaire pour se lancer ?


Cela dépend d'énormément de paramètres, car on peut également commencer avec un capital de 1000 euros. Mais si l'on souhaite se lancer dans une activité qualitative en comptant les frais d'installations (achat des machines, du mobilier, des produits...), la formation, le loyer mais aussi par exemple les assurances, je dirai 50.000 euros est un bon capital de départ. En termes d'investissement, le plus important est de se former en continu .


"Le bouche-à-oreille à l'heure du numérique est un outil de taille pour un autoentrepreneur."

Avais-tu une clientèle de départ?


Alors non, et cela fût la partie la plus angoissante de l'aventure. Je n'avais pas de portefeuille-client. Donc je suis l'exmple vivant qu'il est possible de partir de rien et de faire ses marques avec une bonne communication et bien sûr soigner sa présentation et la qualité de ses services. Le bouche-à-oreille à l'heure des réseaux sociaux est un outil de taille pour un autoentrepreneur.


On dit souvent que les réseaux sociaux sont aujourd'hui indissociables de l'entreprenariat. L'as-tu également ressenti?


Comme tu peux le voir, mon institut de beauté ne posséde pas de vitrine qui donne directement dans la rue donc je ne peux pas utiliser ce biais pour me faire connaître. L'avantage des réseaux sociaux, c'est justement de donner cette visibilité , de trouver sa communauté pour autant que l'on prenne le temps de déterminer sa clientèle-cible.


Raconte-nous ton premier jour de travail entant que fondatrice de "Elevatemyskin"


Très stressée parce que c'était en plein confinement, parce que tu ne sais pas si la cliente va adhérer au concept et va te sentir professionnelle. Mais après le stress de la première cliente, j'étais dans mon élément. Et à la fin de la journée, sur le chemin de la maison, je me suis sentie extrêmement émue avec un sentiment de plénitude et de fierté.


Quelle est ta plus grande fierté dans le cadre de ton activité?


C'est d'avoir commencé de rien et d'avoir lancer un espace de beauté inclusif où tous les types de peau se sentent valorisés.

"...si la société ne veut pas nous donner les opportunités auxquelles nous avons droit, il nous faut les créer. (...)"

Est-ce difficile d'être issue de l'immigration en Belgique et de se lancer dans l'entrepreunariat?


Si je n'ai heureusement jamais été victime de racisme frontal, la discrimination à l'embauche et le plafond de verre sont des réalités dans le monde du salariat. Entant qu'enfant de parents immigrés, on sait également que l'on devra travailler 2 à 3 fois plus pour montrer que l'on mérite certains postes. Je pense que pas mal d'entre nous avons conscience que si la société ne veut pas nous donner les opportunités auxquelles nous avons droit, il nous faut les créer. C'est une obligation pour nous, de saisir toutes les opportunités qui s'offrent à nous. De mes parents par ailleurs, j'ai reçu beaucoup d'amour et un soutien inégalé. Juste pour l'exemple, ma mère est venue m'aider à m'installer et elle me prépare des petits plats quand mes journées sont longues. Et oui, elle est très fière de ce que j'ai accompli.


Comment as-tu vécu le confinement? Et quel a été ton échappatoire stress?


C'était pas facile. On a créé notre entreprise en août 2020 et on a ouvert les portes de notre institut en Octobre 2020, j'ai travaillé 4 semaines et juste après il y a eu le confinement. Mais on s'était dit mon compagnon et moi qu'on ne pouvait pas s'arrêter. Entant qu'entrepreneur, on est amené à relativiser car on doit continuellement trouver des solutions et des alternatives à toutes situations. Donc je dirai que le mindset a beaucoup joué. Et puis, ma spiritualité m'a également beaucoup aidé à prendre du recul et à garder foi en mon projet.


Dreams don’t work until you do !

Si tu avais quelqu'un en face de toi qui avait envie de se lancer dans l'entreprenariat, que lui conseillerais-tu?


Je lui dirais : si tu veux te lancer, lance-toi ! Il n’y aura jamais de moment parfait! Ce moment-là, tu le créeras en cours de route. L’entreprenariat est une longue courbe de croissance. Commence petit, et rêve grand ! Ne sois pas freiner parce que tu n’as pas le contrôle sur les petits détails. N’oublie également pas de te projeter sur le long terme. Aie une vision sur le long terme de ce que tu veux accomplir. Où veux-tu être dans 5 ans? Dans 10 ans? Cet exercice mental te permettra de faire des choix en lien avec ta vision. On ne devient pas entrepreneur pour se faire de l'argent car les débuts d'une entreprise sont peu rentables! On se lance par passion et pour satisfaire une ambition. Et comme dernier conseil je dirais, travail dur ! Dreams don’t work until you do !


(*) Bioderma, Institut Estherderm et Etat Pur sont des marques de Naos.



Elevate

Rue Royale 253

1030 Schaerbeek


HEURES D'OUVERTURE

Ma - Sa 10.00h - 19.30h


CONTACT

Tél.: +32 495 19 19 96

email: info@elevatemyskin.com



Qu'as tu pensé de cet interview?

N'hésite pas à laisser ton commentaire!


A plus, Jenn. XXX



62 vues0 commentaire